750 grammes
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Passion du Whisky

Rencontre avec Fred Laing

Raise A Glass To Fred Laing !

 

Il y a quelques semaines, j'ai reçu une nouvelle merveilleuse invitation.

De celles que je n'imaginais pas possible, je veux dire pour un petit gars comme moi, dans cette communauté que je sais pourtant ouverte.

Et j'ai pu me remémorer cela, alors que nous conversions, Arnaud et moi avant le début de la présentation du jour.

Il y a moins de dix ans, je passais la porte de son enseigne en parfait novice et aujourd'hui j'ai l'opportunité d'échanger, quelques mots avec l'un de ceux qui font du whisky ce qu'il est à ce jour, j'ai nommé Fred Laing.

Bien entendu cela ne signifie pas que j'ai besoin de changer d'encolure de chemise, mais que cela provoque tout de même des sentiments agréables, que d'être compté parmi la petite quarantaine d'invités de ce grand monsieur.

 

Le rendez-vous était fixé à midi au Château du Gravenhof, en périphérie de Bruxelles, le soleil était de la partie, ce qui rendit l'endroit encore plus accueillant.

 

Ce château, du moins son histoire débute en 1649, bâtit selon les plans de Mr Le Roy, déjà auteur de plusieurs constructions du genre dans cette région située en périphérie de la capitale.

Malheureusement, la quasi totalité du bâtiment sera détruite en 1684 par l'armée française de Louis le 14ème.

Il ne restera de cela que la partie centrale, sur laquelle Jaak, fils du créateur le reconstruira.

 

En 1693, alors que la monnaie belge est encore le florin de l'occupant, le château sera acheté une première fois et deviendra par les alliances, une quarantaine d'années plus tard une baronnie.

Deux ailes latérales seront ajoutées en 1870.

 

Durant les deux guerres mondiales, le château sera occupé par les généraux allemands, suite à quoi il connaîtra un déclin, par manque d'entretien.

C'est Mr Piet Demol qui en fera l'acquisition en 1959, un an plus tard il sera à nouveau ouvert au public sous le nom que nous connaissons aujourd'hui.

Il offre à présent des espaces de réceptions, un service hôtelier, ce qui en a fait le lieu parfait pour accueillir cet événement.

 

En guise de bienvenue et afin de mettre à profit si je puis dire, cette courte période où les invités arrivent les uns après les autres, l'importateur Cinoco proposait de déguster en terrasse un petit cocktail ma foi simple à réaliser et fort agréable, à savoir 3cl de Whisky Epicurean, glaçons et Schweppes Ginger, sans oublier le petit morceau de citron.

Lunettes jaunes siglées Big Peat visées sur le nez, en avant le lundi au soleil.

Epicurean fait partie de la gamme Remarkable Regional Malts, il s'agit d'un blended malts des Lowlands, il reste peu de distilleries dans la région, il sera relativement simple d'en deviner la composition.

Cette gamme comprend Timorous Beastie, blended malts des Highlands, composé de Glen Garioch, Dalmore, Blair Athol et Glengoyne.

Scallywag, dont nous avons pu tester sur place une version limitée vieillie en fûts de sherry, qui lui représente le Speyside, avec du Macallan, Mortlach et Glenrothes.

Rock Oyster pour les îles, Arran, Jura et Orkney et bien entendu le très célèbre Big Peat décliné en tant d'éditions, pour la seule île de Islay, composé de Bowmore, Ardbeg et encore Port Ellen.

 

Juste pour l'anecdote, Fred Laing nous a confié que le chien qui se trouve sur la bouteille Scallywag est en réalité un hommage à Milou, le fidèle compagnon de Tintin, dont il est un fan.

 

Sous la tonnelle le line-up, j'y reviendrai.

 

 

La société Douglas Laing est une jeune entreprise, presque aussi jeune que Fred Laing lui même, puisqu'elle fut fondée en 1948 par son père Fred Laing senior, deux ans seulement avant la naissance de notre hôte, celui-ci nous confie qu'il a donc littéralement baigné dans le whisky depuis sa plus tendre enfance. 

 

Son père n'hésitera d'ailleurs pas à l'emmener avec lui à la fin des années '60, le retirant provisoirement de l'école, pour parcourir l'Amérique à ses côtés.

Il fera comme il le dit, l'université de la vie, en participant aux négociations de l'entreprise dès les origines.

Ce sera également le début de son intérêt pour les langues étrangères, comme l'espagnol, ou le français.

 

Fred fera son apprentissage en dehors de la société familiale.

D'abord chez Whyte & Mackay, avec pour patron le Major Hartley. C'est là qu'il va engranger de l'expérience dans l'art du blending. 

Il passera également deux ans chez Distillers Company Limited, l'ancêtre de Diageo, qui à l'époque produisait le célèbre blend White Horse. DCL lui permettra de développer son sens du marketing, sa communication, grâce encore à ses connaissances en langues étrangères.

 

C'est en 1972 qu'il rejoint son père et son frère Stewart.

L'asie sera juste après la guerre du Vietnam, un formidable champ d'exploration pour la marque.

Fred profitera des premiers Duty Free de Hong Kong, créés par des américains anciens soldats, pour y faire entrer des références comme King of Scots, l'étendard de la marque à l'époque.

Il développera cette activité de l'exportation de blends, passera aux fameux embouteillages céramiques et recevra pour marquer sa réussite le Queen's Award lors du Jubilee de la Reine.

 

En 1982 Fred Senior décède, les frères Laing prendront le relais jusqu'en 2013, où ils décideront de scinder les actifs, Steward recrutant ses deux fils pour fonder Hunter Laing & Company Ltd.

 

Bien entendu le marché international est souvent secoué de remous et l'Asie n'y échappera pas dans les années '90.

Fred se concentrera alors plus sur le marché intérieur, la zone Pacifique.

C'est alors qu'il créera littéralement l'activité d'embouteilleur indépendant, sélectionnant divers whiskies écossais, de malt ou de grain, ce sont ces bouteilles déclinées en séries ou collections, je ne sais pas trop comment exprimer cela, qui ont désormais bien trouvé leur place sur les étalages des cavistes à travers des dizaines de pays, mais aussi des dizaines de distilleries ainsi représentées. 

 

Comme évoqué plus haut, Douglas Laing reviens ces derniers années aux fondamentaux de la société, en proposant à nouveau toute une gamme de whiskies d'assemblages, composés uniquement de single malt.

Fred quant à lui a amorcé lentement la transition, commençant à se retirer des affaires, laissant le soin à la troisième génération de faire prospérer la société.

C'est désormais sa fille Cara Laing, épaulée par son mari qui construira ce qu'elle laissera elle même probablement à la génération suivante.

Cara aura fait ses armes d'abord chez Jura en tant que responsable international de la marque, avant de passer chez Glen Garioch comme responsable du marketing.

Le patriarche reste attentif et surtout impliqué dans une dernière phase d'exploration, la construction d'une distillerie à part entière dans les Lowlands.

Celle-ci se nommera Clutha, nom latin de la rivière Clyde, au bord de laquelle elle commence à germer.

La rencontre... signature... Que dire ? J'étais comme un gamin, tellement content de pouvoir tendre deux bouteilles de ma collection à Fred Laing afin de lui demander de les signer.

 

Dans la boîte de l'une d'elle, un carnet avec la photo de Fred Laing Senior, immédiatement Fred Junior me demande si je trouve une ressemblance avec lui, je lui répond que cela saute aux yeux.

 

Il y a de l'émotion devant ces vieux embouteillages, de l'amusement également...Fred Laing me dit pour une édition embouteillée dans les années '90, "merci grâce à cet achat j'ai pu faire manger mes enfants".

De mon côté, je lui avoue que j'espère un jour pouvoir ouvrir ces bouteilles avec les miens, mais qu'au vu de leur très jeune âge, il me faudra beaucoup de patience et de sagesse, ce qui le fît rire de bon coeur.

Alors bien entendu, toutes ces explications livrées par Fred Laing

furent accompagnées de quelques verres de whiskies. Une petite balade dans l'ensemble de la gamme en réalité. Je compte bien vous livrer des notes plus complètes prochainement, mais le temps me manque un peu pour l'instant et je crains que cet article ne devienne légèrement surchargé. 

Je ferai juste un survol, histoire de dresser le portrait de la dégustation proprement dite.

Celle-ci a débuté avec un très beau Strathclyde Old Particular âgé de douze ans, finition sherry. J'ai eu la chance de tester le grand frère de 25 ans et très franchement celui-ci dans son genre me ferait bien craquer aussi, d'autant que le prix était de mémoire très sympa. Très gras, sur de la vanille, toffee et bien entendu sherry. Il sera en bouche huileux, sur le caramel, le moka. Un whisky de grain long et d'une grande densité.

Ensuite nous sommes passé directement sur un Clynelish 21 ans de la gamme Xtra Old Particular, de 1995. Limité à 265 bouteilles ce refill hogshead développait quand même 54,6%. Atypique avec ses notes végétales dans un premier temps, il montrera rapidement son côté waxy, hyper fruité, minéral. L'alcool sera parfaitement intégré et les arômes fondus. Il finira sur la cire d'abeilles, avec une légère astringence. 

Ce fut le tour d'un Ardmore de la gamme Provenance. 2008, 10 ans, 302 bouteilles d'un jus tout en légèreté, finement fumé, notes fermières. Il sera huileux en bouche, vanillé... c'est quand même bon Ardmore.

 

Ensuite un Tamdhu 16 ans de 1998, Old Particular. Très frais, sur les agrumes, les fruits à chaire blanche. Rafraîchissant vraiment un whisky d'été parfait pour accompagner une petite grillade.

 

Nous avons terminé la chose sur deux éditions issues de la gamme Remarkable Regional Malts. 

D'abord le Scallywag que vous avez plus haut, une édition limitée âgée de 13 ans distribuée en 2017 et maturée intégralement en fûts de sherry. Son nez sera d'une grande densité, le sherry va exploser, avec des notes de fruits confits, de caramel, toffee. La bouche sera plus légère, plus sèche, bien que toutes les saveurs du nez restent très présentes.

Enfin l'édition Rock Island, dominée par cette fumée typée Islay, végétale, souple, légère, avec des embruns. Elle offrira un petit côté coco, chocolat.

Voilà qui clôture cet article, une nouvelle page dans ma vie de passionné.

 

Il me reste à remercier une dernière fois la firme Cinoco pour l'invitation, en particulier Christophe Couty, mais bien entendu aussi le boss Stephan De Bolle.

 

Juste pour info, j'ai également reçu un échantillon du Big Peat destiné au Feis Isle. Il ressort que le stock est totalement à zéro chez l'importateur, si vous êtes amateur, il faudra vous reposer intégralement sur les bouteilles encore disponibles chez vos cavistes préférés.

 

Quelques photos ci-dessous de l'événement.

Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
Rencontre avec Fred Laing
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