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Passion du Whisky

Campbeltown : La rage de vivre!

Alors que cette large bande de terre projetée entre mer d'Irlande et Océan Atlantique organise pour la seconde fois sa fête du whisky.

Que le dit whisky est produit à plus ou moins 500.000 litres par an pour les distilleries présentes.

Il faut se souvenir d'un passé bien plus florissant dans cette région.

Au début du 19ème siècle c'est une trentaine de distilleries qui y étaient implantées.

En l'an 503 Kinlochkilkerran était le siège du parlement écossais, renommé au début du 17ème Argyll par le Comte du même nom.

La pêche du hareng était l'activité principale de la région. Jusqu'en 1980 le port qui voyait aborder des centaines de bateaux avait son propre chantier naval.

Avant la légalisation de la distillation en 1823, il y avait de nombreuses distilleries illicites. Ce n'est pas pour rien que Robert Armour va y créer son entreprise de chaudronnerie en 1811.

Le Duc d'Argyll ayant compris l'intérêt d'une telle activité décida d'utiliser le Crosshill Loch comme réservoir d'eau à destination des distilleries.

Cette eau couplée avec l'extraction du charbon local afin de chauffer l'ensemble à la vapeur, la tourbe et de l'orge locale, suffit à donner le surnom de Whisky Ville à Argyll.

De cela il reste Springbank née en 1828 et Glen Scotia en 1832.

En cause, la production par quelques uns d'un whisky de très mauvaise qualité qui a détruit l'image de l'ensemble des distilleries, mais aussi le début de la prohibition aux USA, alors même qu'une grosse partie de la production était destinée à l'Amérique du nord.

Ensuite ce fut la fin de l'extraction du charbon, le fin du hareng et la dégringolade.

L'isolement, la faible population, le manque de perspectives d'avenir en ont fait au fil du temps une région exsangue.

Mais l'Ecosse est brave!

Aujourd'hui Campbeltown est réputée pour produire l'un des meilleurs whisky au monde, un whisky vrai, qui ne fait aucune concession.

Les hôtels ouvrent à nouveau avec un certains goût du luxe, il est possible de mouiller à nouveau au port avec des bateaux de plaisance.

Le Ardshiel hôtel propose d'ailleurs pas moins de 700 whiskies à la dégustation dont un dixième de Campbeltown.

A proximité de l'aéroport, l'industrie de l'éolien se développe et crée à nouveau de l'emploi.

Des bâtiments historiques sont rénovés et en 2004, après 125 ans, une nouvelle distillerie y est née, Glengyle.

Elle est la propriété de J & A Mitchell & Co, tout comme Springbank, qui produit également sous le nom de Longrow et Hazelburn.

Avant la fin des années '90 Mitchell a relancé l'activité. Il emploie une cinquantaine de personnes, la salle d'embouteillage a été réactivée, ainsi que la malterie.

Springbank produit 120.000 litres par an, pour 48.000 litres avec Glengyle.

Cette dernière produit le désormais célèbre Kilkerran dont nous avons vu passer durant cette décennie les versions WIP (Work In Progress).

Bientôt une version de 12 ans d'âge sera sur le marché, faite pour rester.

Ensuite vient Glen Scotia, qui produit 350.000 litres par an, équipée de nouveaux washbacks elle a désormais de nouveaux propriétaires.

Elle accueil à nouveau des visiteurs, le whisky est stocké sur place et de nouvelles versions viennent compléter la gamme classique.

Si vous voulez revivre l'expérience de Masatak Taketsuru, vous pouvez désormais tenter une inscription à la toute nouvelle école du whisky de Spingbank.

Vous pourrez par la même occasion aller remplir votre propre bouteille de scotch au Whisky Shop Candenhead et probablement déguster quelques pépites.

Alors non Campbeltown n'est pas mort, il est au début d'une toute nouvelle vie!

Comme il me plairait de rouler sur cette A83 et rejoindre le phare de Mull of Kintyre, afin de contempler les côtes irlandaises un Glencairn à la main.

Voici en conclusion la dégustation de la dernière expression de Kilkerran, la WIP 7.

  • Kilkerran 7th Release Bourbon Casks Strength. Bottled 2015, 54,1%. 6000 Bottles. Green label Bourbon Wood.

Nez : Très très bien fait, old school. Vanille, pain bien cuit, craie. Très minéral, floral et fermier.

 

Bouche : Vanille. Fruits blancs, pêche. Toujours une très belle minéralité. Légère fumée. Aucun défaut.

 

Finale : Fruits secs. De la craie humide. Jus de citron en arrière bouche. Simple mais ultra efficace. Plus loin vient une vague de sel, emportant avec elle quelque chose de fumé.

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