750 grammes
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Passion du Whisky

Bladnoch, mission de sauvetage.

Pfff, comment dire? La première fois que j'ai mis mon nez dans un glencairn contenant du Bladnoch, j'ai pensé qu'il s'agissait d'un vieux fond de cuve à mazout. Par la suite mon avis a bien changé.

Mais là je parle du Bladnoch de Raymond Armstrong.

Car cette distillerie fait partie des nombreuses à avoir eu un parcours difficile. Pour commencer elle est situé dans les Lowlands, région connue pour avoir mis au monde trois géants aux pieds d'argile, St Magdalene, Littlemill et Rosebank. Ces trois maisons sont aujourd'hui fermées voir détruites, la valeur de ces bouteilles est au sommet.

Au milieu de ces noms, Bladnoch passe un peu pour le porteur d'eau.

Mais si vous voulez vivre quelque chose de particulier...

L'année prochaine la demoiselle aura 200 ans. En effet créée 1817 elle est restée dans la famille McClelland jusqu'en 1905, avant de souffrir de la première grosse dépression des ventes due à une production trop importante de whisky. Comme si on pouvait produire trop de whisky! Bref.

Pour la première fois elle allait être sauvée par des irlandais. Rachetée par Dunville & Co., elle va produire à nouveau de 1911 à 1937. Mais par quelques jeux tactique j'imagine, D.C.L. ayant mis la pression sur Dunville, celle-ci laissa tomber sa distillerie, qui fut mise en liquidation.

Elle allait même être démembrée par Ross & Coulter, qui vont littéralement laisser les quatre murs, vendant et le stock et le matériel. Comme quoi j'ignorais que les requins pouvaient nager dans le whisky.

Elle va néanmoins revivre en 1956 et par la force des choses, être équipée de nouveaux alambics. Elle va tomber dans le portefeuille de Inver House 10 ans plus tard. Passer de mains en mains avant d'être mise en silence en 1993. C'est poétique, mais ça veut quand même dire fermée.

En 1994 les frères Armstrong débarquent avec l'idée de transformer le site en camp de vacances. Mais comme dans tous les contes de fées, la magie opère et après un travail pénible de persuasion vis à vis de Diageo, ils obtiennent le droit de distiller à nouveau. Malheureusement dans une situation financière compliquée, les frères durent placer leur bébé en liquidation en 2014.

En juillet dernier cette fois c'est un australien qui est venu sauver la distillerie, David Prior. Je souhaite que celle-ci continue tout simplement sur sa lancée et continue de produire des whiskies qui s'éloignent, mais alors largement des sentiers balisés.

Voici la dégustation de mon premier Bladnoch, la version Distiller's Choice embouteillée à 46%, sans indication d'âge.

Nez: Premièrement un peu métallique, l’essence? Je comprends qu’il faut le laisser un peu en paix. Ensuite génial, de la glace vanille fermière, avec de l’eau il devient floral avec de la céréale, frais.

Bouche: Attaque de l’alcool qui s’écarte vite, vanille, boisé, minérale, du céleri vert. Avec un peu d’eau, le côté vanillé ressort bien. Sa fougue trahi la présence d’un Whisky jeune, mais il doit en contenir de plus vieux vu sa complexité. Epices, Muscade.

Finale: Raisin vert, pépin de raisin, moyenne à courte, un peu d’amertume de zeste de citron vert. Un Whisky hors norme, complexe, avec un super développement.

Sachez également que le site de Bladnoch abrite une quantité astronomique de fûts, car une des activités est de stocker pour d'autres distilleries et croyez moi il y a des pépites qui dorment là-bas.

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