750 grammes
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Passion du Whisky

Chairman's Reserve - Legacy

 

  • Chairman's Reserve 'Saint Lucia Distillers - Legacy' 43%.

 

Nez : Nous avons un nez généreux, qui donne dans la caramel et la vanille. Je dirais que c'est entre l'aspect gras et laiteux. De belles notes de fruits mûrs, exotiques. Un produit vraiment très doux, typique de ce que produit la distillerie. Il y a une certaine sucrosité, qui à priori devrait muter en bouche, je ne crains pas trop l'excès dans la suite de la dégustation. Ce que j'apprécie, c'est qu'on est pas sur quelque chose de très léger, il y a du corps, peut-être grâce à cet apport des pot-stills. J'ai un peu l'impression de trouver ces senteurs de crêpes, de badiane, de sirop d'érable.

 

Bouche : L'intuition n'était pas trop mauvaise, puisque l'aspect sucré s'est effacé, laissant place à cette saveur de mélasse plus percutante, l'aspect sirop d'érable. Nous avons également la confirmation de ces fruits exotiques très mûrs. À côté de ça, je suis surpris par quelque chose de très frais, très végétal, je dirais de l'eucalyptus. La bouche va lentement gagner en intensité, ce qui promet une belle persistance. 

 

Finale : La finale est à l'image du nez et de la bouche, tout est cohérent et dans la même ligne de conduite. Nous restons sur cette sensation de banane mûre, de caramel vanillé. La finale est tenue en éveil par un genre de gingembre confit, tantôt doux, tantôt robuste et épicé. 

 

Cette version est un hommage au fondateur Laurie Barnard.

L'assemblage est un pur produit de la distillerie, à savoir un mariage de rhum de mélasse et de pur jus de canne.

Le tout distillé sur tous les alambics maison, c'est à dire les John Dore, le Vendôme, ainsi que la colonne double Coffey.

 

Nous avons, grâce à Cinoco et Spiribam, bénéficié d'un pack permettant de décomposer cet assemblage, via quatre fioles contenant chacun des rums qui entrent dans la composition du Legacy.

 

En quelques mots voici mon opinion sur chacun.

 

Mélasse - Vendôme - 7Y : Il possède cette note de vernis, qui est peu perceptible dans l'assemblage. Il y a un vrai développement de la mélasse et de cette sensation de fruits confits. Je sens bien cette notion de badiane, de gingembre. Malgré ses 43% l'entrée est concentrée, cela va s'alléger ensuite, mais en conservant l'aspect caramel légèrement brûlé. Ça pourrait franchement faire l'objet d'un embouteillage individuel.

 

Mélasse - Coffey - 5,5Y : La finesse, l'aspect caramel chocolaté. Ça semble plus structuré et du coup la gourmandise est plus évidente, en l'absence de cette sensation de sucre. De la même manière, c'est très clean, très droit. Les arômes arrivent de manière instantanée en bouche. Pas évident de dire comment tout cela est dosé, tant celui-ci est différent du premier. 

 

Mélasse - John Dore (2) - 7,5Y : Voilà encore un profil qui n'a rien de commun avec les deux autres. Il y a ce côté industriel que j'adore, colle à bois. Je suis bluffé par cette palette, obtenue avec la même matière première pour les trois premiers, mais trois alambics différents. Tout aussi vif et épicé. Il y a un début de quelque chose de végétal, sur le tabac. Misère celui-ci c'est une vraie curiosité. 

 

Pur Jus - John Dore (1) - 5Y : Très pur, très végétal. Il y a pas mal de fruits également, mais sans le sucre à nouveau. Nous sommes sur des fruits frais, exotiques. Touche mentholée, à la manière d'une pastille Vichy. Du coup une certaine minéralité. Vraiment complémentaire des trois autres. 

Chairman's Reserve - LegacyChairman's Reserve - Legacy
Chairman's Reserve - LegacyChairman's Reserve - Legacy

Cette petite île qui fut bien compliquée à conquérir par les européens, fera l'objet de nombreux échanges entre français et britanniques, de 1643 à 1814, ce qui marque aujourd'hui encore sa manière de produire le rum.

Ce sera bien entendu la production de sucre qui portera la production de cet alcool, avec de nombreuses distilleries en fonction.

Comme partout dans la région, la production de sucre à partir de la betterave va plomber le marché et emporter par le fond les petits producteurs.

Au milieu du 20ème siècle, il ne restera que deux distilleries, qui finiront par fusionner en St Lucia Distillers, à savoir la plantation Barnard ainsi que celle détenue par une société hollandaise, Geest.

Les alambics de Barnard seront déplacés sur le site de Geest au début des années '70, dans la vallée de Roseau.

 

C'est pourtant la famille Barnard qui en 1992 rachètera la part de Geest dans la société à la fin du siècle.

Elle vendra une partie de celle-ci au groupe Angostura basé à Trinidad en 1997.

La particularité de cette île est qu'elle produit des rums qui associent mélasse et pur jus de canne.

Elle utilise des alambics de types John Dore et Vendôme, ainsi que deux colonnes Coffey.

 

La distillerie de Sainte Lucie fut victime d'un incendie le 02 mai 2007.

Incendie dans lequel furent détruits des bâtiments divers, dont des entrepôts de stockage.

A la suite de cela le maître de chais dû trouver pour ses fûts les plus âgés, d'autres lieux de stockage.

Chairman’s Forgotten Casks par exemple est issu d'un certain nombre de ces fûts, 'oubliés' et récemment retrouvés.

La qualité de ceux-ci jugée particulièrement élevée, donnera lieu à une édition limitée.

Ce rum est un assemblage de versions âgées de 7 à 12 ans ayant vieillis dans des fûts de bourbon en provenance de Jim Beam et Buffalo Trace, ainsi que de whiskey Jack Daniels.

Le mariage de ces fûts durera encore 5 ans, pour donner finalement ce Forgotten Casks.

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