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Passion du Whisky

Interview de 'Magali Pierrequin' Distillicious.be

                                                                             Photo : Fabrice Napsed.

 

  • Le Blog :  Bonjour Magali, voudrais-tu te présenter et nous expliquer ce qui dans ton parcours t'a amené au monde des spiritueux ?

 

  • Magali : Bonjour Sébastien. Alors je suis Magali, comptable de gestion le jour, caviste en ligne le soir et épouse-maman 24h/24. J’ai longuement réfléchi à ta question pour expliquer mon parcours sans doute atypique pour certains mais pas vraiment, si j’en reprends la genèse. On pourrait presque dire que c’est génétique ! Je suis originaire de la « Druivenstreek », région de feu la Province du Brabant dans laquelle on cultivait le raisin de table. J’ai été élevée dans les serres de mes grands-parents, viticulteurs au milieu des grappes de raisins. Mes premiers souvenirs sont emplis de parfums de vigne, de terre chaude et humide. Les dernières grappes étaient conduites à la coopérative qui était située à Hoeilaart où elles se transformaient en Serco Pearl ; un mousseux local qu’on aurait pu apparenter à de la Clairette. Le temps passant, les vignes ont disparu de ma vie, sauf 2 pieds que ma famille a conservés pour notre plaisir. Ma première réelle rencontre avec le monde du spiritueux s’est faite plus tard : mon Parrain cherchait une partenaire pour assister à une dégustation de whisky à La Hulpe. La marmite génétique et gustative s’est remise en marche et elle n’a plus arrêté. J’ai continué à participer aux dégustations de whisky, affinant mon palais et mes goûts pour ensuite m’essayer au rhum et à d’autres spiritueux. 

 

  • Le Blog :  Depuis quand existe ton webshop 'Distillicious.be' et pourquoi avoir choisi cette méthode en particulier ?

 

  • Magali : Le webshop est en ligne depuis décembre 2013. Le site me permet de jongler avec mes différentes activités et de travailler en famille : Toute la technique est assurée par mon mari dont c’est le métier.

 

  • Le Blog : La gamme est large et variée, je veux dire qu'il y a par exemple près de quinze saké disponibles sur le webshop, quelle est ta méthode pour sélectionner les produits qui sont en vente ?

 

  • Magali : J’essaye toujours de goûter, au moins le cœur d’une gamme pour avoir une idée générale. Pour les sakés, j’ai la chance de travailler au cœur de Bruxelles et de fréquenter de véritables restaurateurs japonais. J’ai pu goûter ces différents sakés avec eux et chez leur distributeur. Pour les dégustations de whisky et de rhum, je profite au maximum des salons en privilégiant les salons belges. Je m’appuie aussi, directement ou indirectement, sur les critiques des blogueurs, les copains, sans oublier les grands noms du milieu qui me donnent leur avis, m’informent sur une sortie ou l’autre. Je ne fais pas partie des personnes qui pensent savoir tout sur tout : l’union fait la force, ce n’est pas que la devise de la Belgique, c’est aussi une manière de vivre.
  • Le Blog : A titre personnel quel est le spiritueux qu'il t'est le plus agréable de déguster et ton meilleur souvenir à ce sujet ?

 

  • Magali : Ça c’est une grande question à laquelle je pourrais te répondre « joker » parce que j’ai un cœur d’artichaut quand on parle de spiritueux. S’il ne faut en citer qu’un… Kilchoman Port Cask Matured #1 (puisque le #2 arrive sur le marché) D’abord parce que j’aime beaucoup la distillerie et ses produits, ensuite parce que c’est à la suite d’une rencontre assez surréaliste que j’ai pu le déguster. C’est un whisky qu’il faut apprivoiser, il faut avoir du temps à lui consacrer, il doit s’ouvrir pour enfin dévoiler toute sa palette de saveurs et ses notes très iodées. Quant à mon meilleur souvenir de dégustation, il s’agit du Clynelish 1996-2006 de chez Provenance. Je ne saisissais pas encore bien la différence entre fumé et tourbé. A l’époque, 1ppm de tourbe me faisait fuir : j’ai bu un verre de Port Ellen parce que je trouvais déplorable de le jeter, vu le prix – sacrilège. Pour en revenir à ce merveilleux Clynelish, c’est ce whisky qui m’a fait entrer dans la tourbe, même si c’est au travers de ses fumées. Son premier pas vers les whiskies tourbés, on s’en souvient toujours. J’ai gardé la bouteille et la boite pour ne jamais l’oublier.

 

  • Le Blog : Quelle est ta vision féminine sur le monde du whisky ? Est-il machiste ou plutôt ouvert ? Nous avons parfois l'impression qu'il est considéré comme une boisson associée au genre masculin... j'imagine que c'est une idée reçue ?!

 

  • Magali : Je pense que dès qu’il s’agit d’échange, le fait d’être une femme ou un homme s’efface au profit de l’avis et du partage. Le monde des professionnels n’est pas aussi machiste qu’on le pense, paternaliste parfois mais le plus souvent bienveillant. Peut-être qu’une femme est moins dans la compétition frontale et que le profil passe mieux ? Je n’ai pas la réponse. Le grand public lui véhicule allègrement ces clichés, un peu comme de mauvais magazines à sensation ressassent les news sur d’éventuels extra-terrestres. Le goût n’a pas de genre; le goût s’apprend, s’éduque, se cultive, toutes ses actions ne peuvent être liées à un genre particulier, ce serait terriblement réducteur pour le genre non élu, non ? Le whisky vient d’une région où les hommes portent des kilts, un style de jupe. Je n’irai pas les traiter de « filles » et bien les femmes peuvent aimer boire du whisky sec, tourbé, brut de fût, ça n’en fait pas des hommes pour autant mais ça donne un bon sujet pour débuter une conversation.

 

Merci Magali pour ta participation et il ne me reste qu'une chose à écrire, rendez-vous sur le web-shop Distillicious.be dont je joins ci-dessous le lien.

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